Services Nationaux d'Observation
L’OSU STAMAR opère 6 Services Nationaux d’Observation (SNO) du domaine « Océan-Atmosphère » dédiés à l’acquisition de données d’observation des zones côtières et hauturières dont un qu’il coordonne au niveau national, le SNO MOOSE.
Le SNO MOOSE (Mediterranean Ocean Observing System for the Environment)
Le SNO MOOSE est un réseau intégré et multidisciplinaire déployé depuis 2010 dans la région nord-ouest de la Méditerranée. Il est structuré autour de quatre thématiques : la circulation méso-échelle du gyre nord (WP1), les cycles biogéochimiques et l’acidification (WP2), la biodiversité et les ressources biologiques (WP3), ainsi que les apports continentaux et atmosphériques (WP4). Ses objectifs scientifiques déterminent les variables suivies, la fréquence des observations et les plateformes mobilisées. Pour cela, le SNO s’appuie sur une approche multi-plateformes (planeurs, navires, stations fixes, flotteurs, radars, mouillages) permettant de couvrir plusieurs échelles de temps (de la minute à la décennie) et d’espace (de la côte vers le large), et d’acquérir des variables essentielles allant de la physique à la biologie, tout en intégrant les mesures aux interfaces (atmosphère et fleuves). En tant que système régional intégré, le SNO MOOSE fournit un service durable de données marines de haute qualité, en interaction avec la communauté des modélisateurs (SIROCCO, Météo-France) et les politiques publiques (OFB), et s’inscrit dans des infrastructures et réseaux nationaux et européens (ILICO, JERICO-RI, EMSO, Euro-Argo).
Le SNO MOOSE regroupe 6 laboratoires de recherche (LOV, LOMIC, MIO, CEFREM, LOCEAN, AD2M) et 4 OSUs (STAMAR, PYTHEAS, OMP, ECCETERRA) dont STAMAR assure la coordination. Le SNO rassemble 58 personnes des différentes unités (équivalent à 139 hommes-mois par an).
Le SNO SOMLIT (Service d’Observation en Milieu Littoral) a pour objectif de documenter l’évolution pluri-décennale des écosystèmes côtiers et littoraux et d’en déterminer les forçages climatiques et anthropiques. Il repose sur une stratégie d’échantillonnage commune sur les 12 sites du SNO (20 stations de mesure) distribués sur l’ensemble du littoral français. Cette stratégie correspond à minima à un prélèvement d’eau en surface et le long de la colonne d’eau toutes les deux semaines. Quinze variables hydrologiques et biogéochimiques, et 8 variables se rapportant au pico/nanoplancton sont mesurées. La stratégie peut être augmentée localement par une fréquence d’échantillonnage plus importante, des prélèvements à plusieurs profondeurs et/ou l’ajout de paramètres.
A l’échelle de l’OSU STAMAR, le SNO SOMLIT est opéré en deux stations de mesure en baie de Morlaix, les stations Estacade (48,7322; -3,9828) et Astan (48,7778; -3,9375 ; 60 m), en une station de la baie de Banyuls-sur-Mer, la station SOLA (42,4842; 03,1353 ; 27 m), et en une station de la rade de Villefranche-sur-Mer, le point B (43,6833; – 7,3167 ; 80 m).
Le SNO COAST-HF (Coastal Ocean Observing System – High Frequency) est un réseau national d’observation qui vise à comprendre et analyser les évolutions à différentes échelles temporelles de l’environnement côtier, allant de la dynamique des événements extrêmes ou transitoires se développant à haute fréquence (heure, jour) aux tendances pluriannuelles. Il vise à suivre en temps quasi-réel l’évolution physique et biogéochimique des zones littorales soumises à de fortes pressions naturelles et anthropiques. Le SNO Coast-HF s’appuie sur un ensemble de 14 stations instrumentées déployées sur les 3 façades maritimes françaises. Ces dispositifs mesurent en continu et à fréquence horaire ou infra-horaire une série de paramètres physiques et biogéochimiques selon des protocoles harmonisés, à minima température, conductivité, fluorescence in vivo, et turbidité.
Au sein du SNO, l’OSU STAMAR déploie 3 bouées multi-instrumentées : la bouée Astan au large de la baie de Morlaix depuis 2007, la bouée SOLA en baie de Banyuls-sur-Mer depuis 2010 et la bouée EOL en rade de Villefranche-sur-Mer depuis 2009.
Le SNO PhytOBS-network (Réseau d’Observation du Phytoplancton) est un réseau national d’observation dédié aux suivis de l’évolution des communautés phytoplanctoniques en réponse aux changements climatiques, aux variations hydrodynamiques et aux impacts anthropiques (pollution, eutrophisation, acidification). Il regroupe un ensemble de 25 sites de prélèvements répartis le long des côtes françaises métropolitaines. Les prélèvements sont effectués tous les 15 jours et en surface, en cohérence pour certains sites avec le SNO SOMLIT pour l’acquisition des données physico-chimiques et biogéochimiques, et analysés selon un protocole commun.
L’OSU STAMAR opére ainsi le SNO PHYTOBS-network en 3 stations : la station Astan au large de la baie de Morlaix, la station SOLA en baie de Banyuls-sur-Mer et le point B en rade de Villefranche-sur-Mer.
Le SNO BENTHOBS (Réseau d'observation de la macrofaune benthique marine (macrozoobenthos)) a pour objectif d'acquérir des séries temporelles longues le long de la métropole française et ultra-côtes marines afin de mettre en évidence et comprendre les changements dans la diversité spécifique au sein des communautés benthiques et leurs conséquences sur le fonctionnement des écosystèmes marins côtiers.
Il regroupe 20 stations de sédiments meubles qui font l'objet d'un échantillonnage deux fois par an.
A l'échelle de l'OSU STAMAT, le SNO BenthOBS est opérationnel dans 4 stations : les stations Pierre Noire et Rivière de Morlaix en baie de Morlaix et les stations SNO Banyuls 31 et SNO Banyuls 43 en baie de Banyuls-sur-Mer.
Le SNO Argo-France, seule composante scientifique de l’IR*Argo (très grande infrastructure), représente la contribution française à l’ERIC Euro-Argo depuis 2014 et au programme international OneArgo qui regroupe 25 pays. Sa mission est de valoriser et diffuser les données issues du réseau mondial de flotteurs profileurs autonomes (≈3000), déployés entre 60°N et 60°S pour mesurer température, salinité et pression (mission Core), complétée depuis 2019 par les volets BGC, Deep et Polaires. La France contribue pour ~10% au réseau mondial. Les données, homogénéisées par des protocoles internationaux stricts, sont accessibles via ODATIS en temps réel ou différé, et enrichies par des produits à valeur ajoutée développés en France. Le SNO a une forte intégration européenne et internationale, ainsi qu’un engagement en formation, communication et impact sociétal. La composante BGC du SNO ARGO est gérée par le site de Villefranche-sur-Mer.